février 25th, 2010

Chatroulette : du pain béni pour justifier la LOPPSI ?

Phénomène ou mode passagère, le site chatroulette voit son nombre d’utilisateurs augmenter et (surtout) commence à beaucoup faire parler de lui sur les médias traditionnels. Cette notoriété grandissante me fait craindre une instrumentalisation des dangers liés à ce site par les défenseurs du filtrage du net et du projet de loi LOPPSI.

Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de chatroulette, il s’agit d’un site web très simple qui permet de discuter en direct via webcam avec des internautes du monde entier de façon “aléatoire” (d’où le nom “chat-roulette”). Comme le démontre cet article de Vincent Glad sur Slate.fr, chatroulette semble être vite devenu un endroit où se mèlent (rares) discussions intéressantes et exhibitionnisme, où l’on risque à tout moment de tomber sur des images plus qu’inappropriées pour des mineurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle chatroulette fait parler aussi vite de lui dans les médias traditionnels, d’habitude peu prompts à parler des “phénomènes” issus de la toile avant qu’ils ne prennent une énorme ampleur. De plus, le site est relativement dépourvu de réels contrôle, modération ou avertissement : un clic suffit pour se connecter et risquer de tomber sur des images qui risquent de choquer les plus jeunes. Quelques phrases sur le site sont censées mettre en garde l’internaute mais on sait à quel point les pré-ados et ados respectent les interdits (surtout quand ils sont écrits en anglais).

Alors que le débat sur la LOPPSI n’est pas encore terminé (voté par l’Assemblée Nationale, le projet est désormais entre les mains du Sénat), les apôtres du filtrage du net pouvaient-ils rêver mieux pour prouver que l’internet est sale, capable du pire et qui doit absolument être filtré ?! L’existence d’un tel site peut vite devenir la preuve idéale et “irréfutable” des dangers d’internet pour le grand public. La preuve qu’il faut absolument que nos élus fassent quelque chose pour défendre nos enfants contre le grand méchant internet.

Et en effet, il n’a pas fallu attendre longtemps : tout à l’heure la secrétaire d’Etat Nadine Morano, interrogée par Canal plus à propos de chatroulette, parlait de “filtrage” pour protéger les jeunes contre les dangers du site. Nul doute que les interventions de ce type se multipliront dans les prochains jours et qu’il faudra redoubler d’efforts pour lutter contre le filtrage du net et expliquer que la censure n’est pas la solution contre ce genre de dérives du net.

Car si ces dérives sont bien réelles, elles ne justifieront jamais que nous déléguions la vigilance et la prudence nécessaires sur le net à une autorité supposée supérieure. On me rétorquera que certains parents n’ont pas forcément les compétences pour protéger leurs enfants. C’est pour cette raison que la lutte contre la fracture numérique devient si vitale à notre société, qu’il faut “éduquer” les citoyens à l’usage d’internet comme il faudrait les former à lire les journaux ou à regarder la télévision de manière critique. C’est aussi en favorisant l’accès à des outils libres et gratuits de contrôle parental. C’est sur ces pistes que devraient se pencher nos élus. C’est ainsi que doit répondre une société moderne à un problème contemporain et non en imposant une censure qui ouvre la porte aux pires dérives.

février 18th, 2010

Régionales 2010 : une seule liste écologiste en Nord – Pas de Calais !

Ce billet fait suite au billet que j’ai écrit il y a quelques jours sur l’absence du Parti Pirate aux élections régionales.

Une seule liste écologiste !

La seule liste écologiste présente à cette élection dans le Nord – Pas de Calais est la liste Europe Ecologie menée par Jean-François Caron. Il s’agit de la plus belle preuve que le rassemblement des écologistes est effectif dans notre région. Les candidats sont représentatifs de l’écologie politique : hormis CAP21 (qui nous ont quitté faute d’accord sur la liste), les partis écologistes “historiques” (les Verts et le MEI) sont représentés. Mais Europe Ecologie ne rassemble pas uniquement des organisations et des personnalités représentatives du spectre de l’écologie politique ont rejoint la dynamique. Citons notamment Jean-Louis Robillard (militant rural), Patrick Tillie (avocat militant), Sandrine Rousseau (économiste et Vice-Présidente de l’Université Lille 1) ou encore Janine Petit (militante écologiste associative). Des déçus de la vieille gauche comme Sylvain Estager (Rassemblement Citoyen) ou Marc Vasseur (Nouvelle Gauche) ont également rejoint le rassemblement Europe Ecologie. Mais les Verts aussi, à travers leurs parcours variés et leurs combats divers, représentent le rassemblement comme par exemple, Majdouline Sbaï (sociologue, ingénieure en environnement et fondatrice de l’Université Populaire de Roubaix), Emmanuel Cau (Vice-président du conseil régional chargé du développement durable et de l’environnement) ou encore Thierry Willaey qui lutte contre l’incinérateur Flamoval du côté de Saint-Omer.

La liste est belle, le programme est bon, il faut désormais faire une belle campagne et faire grandir l’espoir en Nord – Pas de Calais !

Des vidéos sur le site permettent d’en apprendre plus sur les têtes de liste :

Jean-François Caron, tête de liste Europe Ecologie N-PdC
envoyé par EuropeEcologie_NPDC. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Majdouline Sbaï, tête de liste dans le Nord
envoyé par EuropeEcologie_NPDC. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Jean-Louis Robillard, tête de liste Pas-de-Calais
envoyé par EuropeEcologie_NPDC. – L’info video en direct.

Patrick Tillie, n°2 Europe Ecologie dans le Nord
envoyé par EuropeEcologie_NPDC. – L’info internationale vidéo.

février 16th, 2010

Régionales 2010 : pas de liste du Parti Pirate en Nord – Pas de Calais

Lundi midi, la période de dépôt des listes pour les élections régionales en Nord – Pas de Calais s’est terminée. Voici les 10 listes déposées en préfecture de région :

  • Europe Ecologie
  • Front de Gauche
  • Front National
  • Jeunes Agriculteurs
  • Liste Ch’tis (menée par l’ex-FN François Dubout)
  • Lutte Ouvrière
  • Majorité présidentielle
  • Modem
  • NPA
  • PS

Je ne ferai ni commentaires généraux ni pronostics. Cependant, deux points attirent mon attention : 1) il n’y a pas de liste du Parti Pirate; 2) il n’y a qu’une seule liste écologiste. Ce billet traite du premier point, le deuxième point fera l’objet d’un autre billet.

Pas de liste du parti pirate

Contrairement à l’Ile-de-France (Edit le 16/02 à 19h28 : le Parti Pirate ne présentera pas de liste en Ile de France non plus), le Parti Pirate ne fera pas partie des choix pour les habitants du Nord – Pas de Calais en mars prochain. Je ne déplore pas cette absence (j’expliquerai mon positionnement par rapport au Parti Pirate dans un futur billet). Cependant, je crois que cette absence nous responsabilise, nous, militants des autres partis sensibles aux questions numériques. En effet, le Parti Pirate ne sera pas là pour jouer le rôle d’agitateur et pousser les autres partis à prendre position sur ces sujets. L’association Chtinux joue dans une certaine mesure ce rôle (en publiant un cahier de propositions pour les régionales ou bientôt en envoyant un questionnaire aux partis) mais on sait que certains partis évoluent plus vite si un parti concurrent menace de leur faire perdre des voix.

Europe Ecologie doit donc être à la pointe en matière de libertés numériques. Certains de nos élus font déjà un travail remarquable (par exemple, Sandrine Bélier au parlement européen), nos élus régionaux doivent suivre cette voie. Les chantiers sont évidents : promouvoir le logiciel libre en région, défendre les libertés sur internet comme ailleurs, oeuvrer à la réduction de la fracture numérique, aller vers des données régionales ouvertes, … Des leviers pour agir existent au niveau régional, il s’agit donc d’un problème de volonté politique.

Etant donné les attaques menées contre nos libertés numériques (hier HADOPI, aujourd’hui ACTA ou LOPPSI), les régions doivent être exemplaires et montrer qu’un autre projet que celui de l’UMP est possible, un projet qui protège les libertés et les droits de l’internaute et qui refuse d’appliquer des solutions dépassées à des problèmes nouveaux. C’est le projet qu’Europe Ecologie doit porter et portera en Nord – Pas de Calais.

février 9th, 2010

LOPPSI : le mail que j'ai envoyé à mon député

Le débat sur le projet de loi LOPPSI a débuté hier à l’Assemblée Nationale. Voilà le mail que j’ai envoyé à mon député à propos de ce projet de loi en utilisant le formulaire qui se trouve sur la Quadrature du Net.

Monsieur le député Alain Cacheux,

Citoyen de votre circonscription, j’attire votre attention sur les dangers du projet de loi dit LOPPSI et notamment des articles de ce projet qui concernent le filtrage d’internet. L’équilibre entre liberté et sécurité est certes difficile à trouver mais ce projet de loi permet les dérives les plus dangereuses, notamment en termes de liberté d’expression.
Filtrer ce qui est diffusé sur internet, c’est comme écouter des conversations téléphoniques, ouvrir le courrier avant de le faire parvenir au destinataire, censurer ce qui est écrit dans le journal avant qu’il soit diffusé : c’est inacceptable. De plus, cette mesure est inefficace comme le montre la note de la quadrature du net jointe à ce mail.

Je vous prie de bien vouloir lire avec attention cette note ainsi que cette étude de Fabrice Epelboin : http://bit.ly/pedobiz avant de décider de votre vote. J’espère que vous déciderez de rejeter l’article 4 du projet de loi LOPPSI ou d’imposer un strict encadrement du filtrage et de la censure d’internet.

Je ne manquerai pas d’être attentif aux débats sur le site http://www.nosdeputes.fr/

Veuillez agréer, Monsieur le député, l’expression de mes respectueuses salutations.

février 8th, 2010

Sur l'avenir d'Europe Ecologie (réponse à Marc Vasseur)

Bleuets des champs : espère menacée

(Source : Wikimedia Commons)

Alors que la campagne des régionales débute enfin, les réflexions sur l’après régionales commencent à prendre de l’ampleur au sein d’Europe Ecologie. Un groupe a été créé sur le réseau social d’Europe Ecologie pour permettre le débat entre militants. Il regroupe les principales contributions au débat sur l’avenir du mouvement qui ont circulé ces derniers jours.

Parmi ces contributions, il y a celle du blogueur Marc Vasseur qui a écrit un billet intitulé Europe Ecologie… le 22 mars ? (1) il y a quelques jours. Deux passages ont retenu mon attention et m’ont donné envie d’écrire à mon tour un billet :

les élections européennes est un point de repère non seulement par son score historique mais aussi et peut être surtout dans la volonté de transformer la question écolo-environnementaliste en une démarche d’écologie politique. Cette mutation n’est pas anodine puisqu’elle impose de fait des positions sur des sujets dépassant le « cadre stricte » de l’écologie traditionnelle et la construction d’un corpus commun dans la perspective d’une gestion de l’espace public et politique, dépassant de facto le seul cadre des Verts.

Non l’écologie politique n’est pas l’affaire de quelques amoureux des fleurs et des espèces animales rares ; elle est avant tout une interrogation et une réflexion sur la société de demain. De fait et en intégrant cette notion de monde fini, cela disqualifie fortement les courants politiques issues du XIXème dont la matrice fondamentalement repose sur le toujours plus, toujours plus de production et de consommation.

Je trouve très injuste de dire que l’écologie portée par les Verts, c’était les fleurs et les petits oiseaux et rien d’autre ! Les archives disponibles sur le site des Verts montrent parfaitement que l’écologie politique a toujours (ou tout du moins depuis le début des années 90) parlé de l’ensemble des problèmes de la société. Par contre, les écologistes, caricaturés et méprisés par les autres partis et par les observateurs, n’étaient pas entendus sur tout un ensemble de questions. De mon point de vue, ce qu’Europe Ecologie a changé, c’est avant tout la perception qu’on avait des écologistes ! En axant la campagne des élections européennes sur l’économie, les écologistes parlaient enfin “suffisamment” de ce sujet “noble” et sérieux qui distingue les grands partis crédibles des amateurs utopistes…

Pour travailler ensemble, il faudra reconnaître l’histoire et la valeur des uns et des autres. Le rôle que les Verts ont joué dans l’émergence de l’écologie politique en France ne doit pas être négligé par leurs partenaires. Les Verts, quant à eux, doivent respecter les idées de ces partenaires doivent être respectées et débattues sans préjugés.

Pour le reste, et sur l’essentiel, je suis d’accord avec Marc : dès le lendemain des régionales, il faudra nous mettre au travail et débattre des idées et du projet. L’agrandissement de la famille est très enthousiasmant mais il nécessite de débattre du socle idéologique d’Europe Ecologie. La construction de notre programme pour les élections régionales (disponible depuis quelques jours) s’est très bien passée. Ce travail sera néanmoins plus difficile que la construction d’un programme pour une élection donnée : aucun sujet ne doit être mis de côté,

Ce débat sur les idées peut prendre plusieurs formes mais il me semble fondamental qu’il se fasse avec l’ensemble des militants d’Europe Ecologie. On peut par exemple imaginer l’organisation d’assises régionales de l’écologie politique. Décentralisées, elles permettraient à un maximum d’écologistes de contribuer au projet que nous porterons tous ensemble.

PS : le bleuet des champs que représente la photo de ce billet est une espère menacée (parce qu’on aime bien les petites fleurs quand même !).

janvier 23rd, 2010

Ma contribution au combat contre le projet de traité ACTA

L’ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement, qu’on peut traduire par “Accord commercial anti-contrefaçon”) a pour objectif de lutter contre toutes les formes de contrefaçons. Mais les rédacteurs de cet accord semblent avoir l’intention de profiter de l’occasion pour frapper un grand coup contre ce qu’ils appellent le “piratage” (je reviendrai peut-être sur l’utilisation abusive de ce terme dans un futur billet). On peut déjà s’interroger sur le fait de mettre au même niveau contrefaçon industrielle (de vêtements, de montres ou de faux médicaments par exemple) et partage de fichiers entre particuliers sur internet.

Cette offensive s’appuie sur des mesures qui ont fait leurs preuves en matière d’atteintes à la liberté et de déni de justice. Comme avec HADOPI, riposte graduée et filtrage d’internet sans contrôle du juge sont au rendez-vous.

On peut facilement trouver de nombreux articles sur le sujet (dont quelques uns sont cités à la fin de ce billet). Je tacherai donc de ne pas être trop long et de me concentrer sur nos moyens de lutter contre ce projet.

Opacité totale et illégitimité

Soulignons tout d’abord que ce projet a été élaboré sans aucune transparence. Quelques états (parmi les plus riches) ont décidé de discuter de l’avenir de l’internet en dehors de tout débat citoyen et de tout cadre institutionnel (mais peut-être que même l’OMC aurait été trop gênante pour leurs projets ??!).

Est-ce acceptable ? Est-ce démocratique ?

Un projet liberticide et “destructeur de possibles”

De part les mesures qu’il semble chercher à imposer (filtrage d’internet et riposte graduée), ce projet met en péril l’internet que l’on connaît aujourd’hui. Cet internet, c’est l’internet du partage et de l’échange qui a permis des projets comme Wikipedia et les logiciels libres !

Veut-on voir cet internet disparaître ?

Qui a intérêt à la “régulation” d’internet ?

Certains politiques (ou leurs proches) semblent avoir tout intérêt à “contrôler” ce qui se passe sur internet, espace de liberté d’expression et de débat.

Quelques exemples récents nous l’ont prouvé. Morceaux choisis :

“La plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes” (Jacques Séguela)

“L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?” (Frédéric Lefebvre)

Bien sûr, dans ces propos, il n’est jamais question de censure mais c’est bien le risque encouru en ouvrant la boîte de Pandore du filtrage d’internet. L’entourloupe est classique : faire peur pour imposer des mesures inacceptables et sécuritaires. Même Nathalie Kosciusko-Morizet, la Secrétaire d’Etat à l’économie numérique, plutôt appréciée des “geeks” l’a utilisée le soir du lancement du Tweest, décevant une grande partie des “twittosphère” et “blogosphère” françaises.

Je ne reviendrai pas sur l’industrie musicale, l’industrie du cinéma et, depuis peu, le monde de l’édition qui tentent par tous les moyens de défendre leurs intérêts et leur modèle économique révolu.

Les médias de masse, enfin, menacés de disparition, ont peut-être intérêt à ce qu’internet ne soit plus aussi “libre”. Ils ont d’ailleurs mis du temps à relayer le débat sur ACTA. Ce n’est que depuis quelques jours que des articles parlant d’ACTA commencent à paraître dans la presse.

Veut-on laisser ces vestiges d’un (déjà) ancien monde nous empêcher d’entrer dans le nouveau monde ?

Alors, que faire ?

Tout d’abord, on peut soutenir la Quadrature du Net (et recevoir ses décimales de Pi !). La Quadrature est un collectif qui a fait ses preuves en matière de défense de la neutralité des réseaux et de libertés numériques et qui semble en difficulté financière. La Quadrature du Net fait un boulot impressionnant depuis quelques années : paquet telecom, HADOPI, ACTA, LOPPSI, … (pour le détail de chaque dossier, voir la rubrique dossiers du site de la Quadrature).

On peut bien sûr diffuser les informations relatives au projet sur ses réseaux sociaux et en parler autour de soi : profitons de la liberté de circulation de l’information d’internet pour “polliniser” un peu partout et être de plus en plus nombreux à combattre ce projet.

Certaines organisations politiques sont plus engagées que d’autres dans les combats relatifs aux libertés numériques et à la neutralité des réseaux. Citons le Parti Pirate, bien sûr, mais aussi Debout la République et surtout Europe Ecologie (en particulier de sa députée européenne Sandrine Bélier). La position d’autres partis “progressistes” (MoDem, Front de gauche, PS, …) sur le sujet semble moins évidente, même s’il faut souligner le travail de certains de leurs élus lors du débat à l’Assemblée Nationale sur HADOPI.

La soirée Nouveaux militants, nouvelles pratiques, organisée ce mercredi par Europe Ecologie, sera d’ailleurs l’occasion d’une table ronde sur le projet ACTA, en présence de :

- Frédéric Couchet, délégué général d’April (Promouvoir et défendre le logiciel libre)
- Gaëlle Krikorian, doctorante à l’EHESS
- Jérémie Zimmerman, fondateur de La Quadrature du Net
-
Tangui Morlier, co-fondateur du Collectif Regards Citoyens

Alors n’oubliez pas : Attack ACTA !

Mise à jour : Wiki de campagne participative contre ACTA (par La Quadrature du Net)


Sources :

Les pages du site de La Quadrature du Net consacrées à ACTA : http://www.laquadrature.net/acta

Un article assez complet et qui explique bien les enjeux du projet ACTA sur ReadWriteWeb France : http://fr.readwriteweb.com/2010/01/20/a-la-une/traite-acta-censure-loppsi-hadopi/

Voir enfin, la lettre ouverte aux institutions européennes, signées par de nombreuses organisations : http://www.laquadrature.net/fr/acta-menace-globale-pour-les-libertes-lettre-ouverte

janvier 17th, 2010

Quelques explications sur ce nouveau départ

J’avais quelque peu délaissé la version précédente de ce blog pour (notamment) passer beaucoup de temps sur twitter, identi.ca ou friendfeed (quand j’y allais encore…).

Ce nomadisme dans le flux m’apporte beaucoup (tant en terme de lectures qu’en terme de liens) mais j’éprouve de nouveau le besoin de m’arrêter pour réfléchir. C’est le sens que je souhaite donner à cette nouvelle version du Panoptique : un lieu où je compte développer des réflexions et (je l’espère) créer le dialogue et le débat pour les faire mûrir.

Je continuerai à utiliser les outils appropriés (twitter, identi.ca ou même facebook) pour livrer mes réactions à chaud ou diffuser des liens, “polliniser” en somme !

janvier 13th, 2010

Le Panoptique : pourquoi ce nom ?

(Crédits photos : Wikimedia commons : Friman)

D’après Wikipédia, un Panoptique est un type d’architecture carcérale imaginée par le philosophe utilitariste Jeremy Bentham à la fin du XVIIIe siècle. L’objectif de la structure panoptique est de permettre à un gardien, logé dans une tour centrale, d’observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci ne puissent savoir s’ils sont observés. Ce dispositif devait ainsi créer un « sentiment d’omniscience invisible » chez les détenus.

Chaque détenu devient ainsi son propre gardien. Il a l’impression d’être surveillé en permanence, à l’instar des personnages de George Orwell dans 1984.

Cette présence omnisciente du gardien, cet assujettissement me semblent de plus en plus présentes dans notre quotidien, tant dans la vie réelle que sur le web.

Si ce nom est une façon de dénoncer cette surveillance généralisée, le Panoptique n’est pas un blog exclusivement consacré à ce sujet (en la matière, je vous recommande le blog Bug Brother).

Car, le panoptique est aussi le fondement d’un projet global de société, une sorte d’utopie. Cette citation de Bentham tirée du début du livre en est la preuve : « La morale réformée, la santé préservée, l’industrie revigorée, l’instruction diffusée, les charges publiques allégées, l’économie fortifiée (…) tout cela par une simple idée architecturale. » (Jeremy Bentham, Le Panoptique, 1780).

Ce projet global a été analysé par des penseurs du XXème siècle. D’après le philosophe et historien Michel Foucault, le panoptique est le « modèle abstrait d’une société disciplinaire » (Surveiller et punir (1975)). Selon Gilles Deleuze: « La formule abstraite du Panoptisme n’est plus “voir sans être vu”, mais “imposer une conduite quelconque à une multiplicité humaine quelconque.” »

Le panoptique représente donc les contraintes qui nous sont imposées mais aussi les barrières que nous nous imposons et qui nous rendent incapables d’agir. Ces doubles barrières peuvent être brisées. Elles doivent être brisées.

Ce blog est un moyen de faire sauter mes propres “barrières”, un moyen de me rappeller tous les jours que je peux agir. S’il peut aider à convaincre certains d’entre vous qu’ils peuvent agir, ce sera une autre victoire !

Le Panoptique est donc à la fois une mise en garde et un appel à la mobilisation !


(Crédits photos : FlickR : Mr Ush )

Pour ne rien gâcher, Panopticon est le titre d’un album du groupe de post-hardcore Isis.